Une respiration. Juste une voix qui trace un long trait, une ligne mélodique entre mes deux oreilles. Une belle arabesque rêve, serpente.
L’onde liquide prend la durée en otage, la fragmente. L’espace durcit, le temps se recroqueville, s’étire. La ligne court, se brise, réapparaît, où on ne l’attend plus, où on l’espère.
Entre mes deux oreilles, la distance ne se compte pas. Une mesure d’infini pour aller de l’une à l’autre, le temps d’un soupir pour revenir. Les voix vibrent à la limite de la douleur entre douceur et éternité.
Une étincelle sacrée, une lueur mystique dans l’éther, la voix du divin. La note se tend, au bord de la rupture, plus tangible que présente. Un ruban de cristal devient bourdon dans l’instant.
Des ondes miraculeuses suspendues entre vie et oubli, des explosions infinitésimales. Une note cristalline jaillit, une autre sombre.Une arabesque dit l’éternité, une autre décrit l’insaisissable.
Si Dieu existe, il est ligne, arabesque entre mes oreilles. Un frémissement du vide à la limite de la conscience. Une voix qui s’élève et sombre.
Une vibration de l’air entre possible et oubli. Ni bien, ni mal. Un caprice miraculeux empruntant la voix de minuscules mortels pour atteindre le sublime.