Blessés

Je contemple la douleur d’un frère, son aigreur délétère, 

Du fiel et des cris, la terreur muette d’un cadet.

J’ai mal à ma mère lorsque son cœur oublie de battre.

Pourquoi lui reprocher d’avoir été trop douce.

La vie ne l’a pas épargnée.

J’ai vu mon père en pleurs, me demander de l’aide.

Il n’est plus l’heure de le frapper, il n’a plus de colère.

J’ai mal à ma sœur qui ne tient plus droit.

Elle s’épuise à tout vouloir redresser.

 

Tu t’es battu mon frère pour exister, pour remplacer ton père

Comme il l’avait fait auparavant avec le sien.

Tu te souviens de sa violence, de ses mots.

Tu as retrouvé son chemin. Tu marches dans ses pas.

Ce que tu lui reproches tu l’infliges à ton tour.

Tu regardes derrière, tu regardes devant.

Il n’y pas de rêve à l’horizon. Tu te sens trop grand, si petit.

A l’étroit, dans cette vie que tu n’as pas vraiment choisie.

On ne saura jamais ce qui aurait pu être.

Ni toi, ni moi, ni personne d’ailleurs.

Tu as mal. Je sais. Mais nous avons tous mal.

La vie ça fait souffrir.

5 réflexions sur “Blessés

  1. Danièle..a force d’avoir eu mal pour tout ceux la qui ont traversé mon existence ceux la même que je me devais d’aimerparcequ’ issus de la même souchephysiquement nous sommes si …..semblablesalors,pourquoi donc me suis-je toujours sentie si….étrangèremoi aussi Danièle,j’ai mal à ma mère,parce que je la sais inapte au bonheurj’ai de la peine pour mes deux frères parce qu’ils ont été pris en otage entre les angoisses enfouies de la mère et le despotisme caché du père,et cet héritage les éloignera de la moindre joie de vivre.et mes sœurs….si braves dans la soumission à leur destin de femmes, obéissantes aux règles, respectueuses des normes imposées,et si talentueuses à se priver et à se refuser d’être libres,pour un hypothétique paradis futur….Danièle ,à force d’avoir mal..je n’ai plus malmais je t’avoues aussi que,toutes ces personnes venues se cogner à ma vie, se frotter a mon intimité, se coller à mon identitém’ont aussi nourri de quelque chose qui ressemble à de l’amour , de la générosité, de la solidarité.il est dit que la mère,à son enfant lui apprends la distance, et le père lui enseigne la différence.des notions plutôt floues pour les parents eux mêmes ,devrions nous améliorer cet apprentissage manqué ,histoire de moins souffrir…Danièle, j’aurai eu à choisir une autre sœur, tu aurais été celle-ci ….

  2. Peine , voilà ce que m’inspire ce billet .On transmet les souffrances , les joies dans une famille . Il est difficile d’esquiver les schémas .Passes une douce nuit.

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