Que dire de Simon ! Aucun signe particulier pour le distinguer.
Grand comme la moyenne, svelte sans fermeté ni blond ni brun, des traits réguliers, des yeux… des yeux gris à moins qu’ils ne soient verts ou peut-être noisette. Rien pour le faire balancer vers le beau ou vers le laid. On cherche en vain ce petit quelque chose qui le rendrait singulier. Tout dans son aspect, dans sa mise invite à l’oubli.
A-t-il du charme ? Je ne sais pas mais lui s’estime irrésistible… en prédateur. Ses nombreuses conquêtes d’un soir en attestent. Il raconte tout de ses succès éphémères, se délecte sans retenue jusqu’aux détails. Sa singularité explose en apartés.
Dès qu’il se sent entouré, courtisé, Simon devient glacial et coupant. On le voit, on l’entend. Sa voix un peu sèche, parfois rêche se lève et s’étire. Dans l’excès elle se perche sur son nez. On ne peut échapper à ses réparties. Il s’impose en souriant des dents.
Etre méchant c’est son credo, son modus vivendi. Volubile, il habille ses proches de termes bien sentis, leur offre du « salope » comme on dit merci quand on est poli. Prolixe et malveillant on le remarque enfin.
L’auditoire silencieux reçoit sans broncher le jus amer de ses jugements hâtifs. Sa malveillance ne se donne pas de limite. Il s’attache avec le même bonheur à l’apparence ou à l’intime, va du particulier à l’universel.
Homme de gauche déclaré, il avoue sans rougir son aversion pour la « calotte » sa répulsion pour les « citrons », son mépris pour le bas peuple et les populistes. Pour échapper à ses traits sanglants, l’assistance glousse quand il rit et renchérit parfois.
Du haut de son diplôme d’agrégé Simon parle charretier et emprunte à la lie sa philosophie de comptoir. Ses propos sentent mauvais, on l’écoute.
Que dire de Simon ? Simon est une langue de vipère et il en est fier.
Gros bisou
Quel affreux personnage… Berk !
merci d’être ici
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Etudier longtemps n’est pas gage de bon sens et de bienveillance…hélas souvent les « élites » n’ont pas la capacité de se remettre en question et ne le souhaitent pas…
un relent de front….. populaire au plus mauvais sens du mot ! on en rencontre de plus en plus…ou plutôt , ils osent maintenant avouer leurs pires pensées ….
très beau texte en tous cas , belle écriture !